L’inévitable

Éditions, traductions, adaptations : L’œuvre a été réimprimée en 2001 et rééditée sous format poche, dans la collection « Romanichels poche », en 2003. L’inévitable a été écrit dans le cadre du projet de mémoire en recherche-création de l’auteur. Dans celui-ci se trouve également une analyse sur la représentation de l’inceste dans Les enfants du sabbat d’Anne Hébert (1975)1Jean-Paul Roger. L’inévitable et Écrire l’inceste, mémoire de maîtrise, Université McGill, 1998.. En 2008, Jean-Paul Roger publie Un sourd fracas qui fuit à petits pas : roman hard et soft qui poursuit le récit entamé dans sa première œuvre.

Résumé : L’inévitable fait le récit de la relation incestueuse que fait subir Gérard à son fils Paul de ses six à quinze-seize ans. Paul raconte les expériences de violence qui habitent la maison familiale ; violences à caractère sexuel, conjugale, physique, psychologique, verbale… Il rend compte de l’hypocrisie de l’amour parental et de l’impossibilité comme enfant de ne pas aimer en retour malgré tout. Dans certains passages, il s’adresse à son père et à sa mère, avec des mots qu’il n’oserait jamais leur dire, mais qu’il aimerait qu’ils entendent. L’auteur présente également la voix de ses parents, quelques pages sont narrées par son père et sa mère, il et elle exposent différemment leurs impressions de la relation incestueuse. Le premier insiste sur le vide que Paul comble en lui et la seconde sur son innocence. Toutes les scènes de VACS sont explicites et crues, mais les perceptions de celles-ci par le narrateur évoluent au fil du roman. Au début l’enfant est troublé, mais se sent valorisé et aimé par son père – sentiments qu’il éprouve pour la première fois dans une maison où la violence du père règne. Tranquillement, la préférence pour les agressions sexuelles plutôt que les agressions physiques commence à s’estomper, l’amour de son père le dégoûte et le fait souffrir. De plus, cette relation incestueuse le place dans une sorte de compétition avec sa mère ; il devient l’amant favori, une « meilleure femme » pour son père, sa mère le dénigre et lui adresse des insultes homophobes. Puis à l’adolescence, les fantasmes de vengeance se font de plus en plus sentir et, par le fait même, la soumission devant son père commence à se dissiper, jusqu’au jour où il riposte finalement.

Médiation de l’œuvre : Nous n’avons pas relevé d’événements de médiation culturelle sur l’œuvre de Jean-Paul Roger, cependant celle-ci a fait l’objet d’articles dans des revues littéraires et culturelles et a été incluse dans des corpus d’étude dans le cadre de travaux universitaires2Hans-Jürgen Greif. « L’ogre mangeur d’enfants : L’inévitable de Jean-Paul Roger ». Québec français, n. 155, 2009. ; Chantal Saint-Jarre. « Au-delà du silence ». Le Coq-héron, n. 179, 2004. ; Roxane Landry. « Pouvoir, masculinités et sexualités chez les garçons dans C’est pas moi, je le jure! de Bruno Hébert, L’inévitable de Jean-Paul Roger et Les Jérémiades de Simon Boulerice ». Mémoire, Université de Sherbrooke, 2018..

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