Women Talking

Éditions, traductions, adaptations : Women Talking est paru pour la première fois chez Knopf Canada en 2018. Le roman a été traduit en français par Lori St-Martin et Paul Gagné en 2019 sous le titre Ce qu’elles disent et est paru au Québec chez Boréal en 2019 et chez Buchet-Chastel en France en 2019. Le roman a connu plusieurs rééditions autant au Canada qu’en France. Il a été adapté au cinéma par Sarah Polley en 2022.

Résumé : L’écriture de Women Talking s’inspire des agressions sexuelles commises, entre 2005 et 2009, par huit hommes sur de nombreuses filles et femmes de la colonie mennonite Manitoba, située en Bolivie. Alors que ces dernières dorment, des hommes leur administrent un anesthésiant pour bétail et les violent. Au réveil, elles constatent les douleurs, les blessures et le sang. Lorsqu’elles en parlent à leur mari et au bishop, ils leur répondent qu’il s’agit de démons venant les punir de leur péché ou encore de leur imagination féminine. Une nuit, l’un des agresseurs est attrapé par des femmes, puis le lendemain une autre agresse physiquement les hommes impliqués dans les crimes. Ces derniers sont amenés au commissariat de police situé en ville, afin d’être protégés. Alors que tous les hommes de la colonie, à l’exception du professeur August, quittent deux jours pour aller payer leur caution et les ramener, les femmes décident de tenir une discussion concernant leur avenir. Trois options se présentent à elles : rester et ne rien faire, rester et se battre ou quitter la colonie. Le roman se présente comme la transcription, rédigée par le professeur, des débats et réflexions de huit femmes qui tentent d’arriver à un consensus alors que le temps presse. Les représentations des VACS dans l’œuvre brosse le portrait de l’infériorité de la femme dans la communauté Mennonite. La comparaison entre la femme et l’animal est établie à plusieurs reprises : les agresseurs utilisent un anesthésiant pour bétail sur les victimes; lors de discussions, les femmes affirment être moins bien traitées que les animaux et se réfèrent aux chevaux, entre autres, pour identifier les comportements à adopter en cas d’attaques; elles se demandent également si, au final, elles ne sont pas des animaux. La violence est également liée aux dogmes mennonites ; lorsqu’elles rapportent les agressions subies dans leur sommeil à leur mari et au bishop, ces derniers leur répondent qu’il s’agit sans doute de démons qui les punissent de leurs péchés. L’usage du détournement cognitif, appuyé par leurs croyances et valeurs, les poussent à se sentir coupables plutôt qu’à s’insurger.

Médiation de l’œuvre : Le roman a fait l’objet de plusieurs événements, discussions – avec ou sans son autrice – et critiques littéraires depuis sa publication. En 2019, Miriam Toews a été invitée par le Scripps College (Californie) à s’entretenir sur Women Talking1Scripps College, « Humanities Institute: Miriam Toews », YouTube, 11 décembre 2019, URL : [https://www.youtube.com/watch?v=uwcChaDxXdQ].. Suite à l’adaptation cinématographique de 2022 – qui a été largement reconnue par la critique -, de nombreux entretiens médiatiques avec sa directrice et scénariste Sarah Polley ont également été l’occasion d’aborder l’œuvre littéraire.