Éditions, traductions, adaptations : Publié pour la première fois en 1985, The Handmaid’s Tale a été réédité plus de 500 fois et traduit en plus de 40 langues. Le roman de Atwood a été adapté en film en 1990 (réal. Volker Schlöndorff, scén. Harold Pinter); à la radio en 2000 (BBC Radio 4) et en 2002 (CBC Radio); au théâtre en 1989 (dir. Bruce Shapiro, ÉU), et en 2002 (dir. Brendon Burns, EN); sous forme opératique en 2000, 2003, 2005 et 2019; en ballet en 2013 (CAN); à la télévision (Hulu, 2017-2025) et en roman graphique (Doubleday, 2019).
Résumé : The Handmaid’s Tale est une œuvre féministe de fiction spéculative dystopique. Le roman se déroule dans la République de Gilead, un régime théocratique totalitaire établi sur les ruines des États-Unis. Face à une crise de natalité catastrophique, l’État instutionnalise l’esclavage sexuel des femmes fertiles (les Servantes) assignées à des familles de l’élite pour des cérémonies mensuelles de reproduction forcée (viol). Le récit est narré par Defred (Or-Fred dans la version originale en anglais), une Servante assignée au Commandant Fred (probablement) Waterford.
Le roman montre comment le viol et la misogynie deviennent les fondements d’un ordre politique. Du jour au lendemain, les femmes voient leurs comptes bancaires se faire fermer ou transférer à leur conjoint, leur identité révoquée : elles n’existent plus socialement. C’est le début de leur disparition, la perte de leur agentivité, leur intégration en tant qu’objet dans le schème politique du régime totalitaire. La coercition sexuelle est légalisée, ritualisée, théologiquement justifiée et institutionnellement organisée. Les violences faites aux femmes et aux filles sont nombreuses et toutes représentées comme faisant partie du corps étatique et sont internalisées par les personnages, masculins comme féminins : la ritualisation du viol et sa transformation en institution; la misogynie systémique qui classifie les femmes seulement par leur statut et leur capacité à procréer, la dépossession de ces femmes de leur agentivité et le système de surveillance établi par l’état (les femmes se surveillent entre elles). Il est important de dire que les scènes qui dépeignent les actes sexuels ne sont pas si explicites et que le viol n’est jamais nommé comme tel : Defred utilise les termes et les néologismes imposés par l’État pour parler de sa situation.
Médiation de l’œuvre : L’œuvre a été traduite en plus de 40 langues et a fait l’objet de multiples adaptations dans différents médias. Selon la American Library Association, The Handmaid’s Tale se classe au 37e rang des livres les plus censurés de la décennie 1990-19991American Library Association 2013, ‘100 most frequently challenged books: 1990–1999’,
La cape rouge des Servantes a été utilisé comme symbole politique de résistance féministe. Le costume de la cape rouge et de la coiffe blanche est adopté par des femmes dans de nombreux pays comme symbole de protestation concernant diverses questions liées à la réquisition des corps des femmes par l’État.
À son lancement, Atwood a participé à un entretien radiophonique avec Stud Terkel sur WFMT Chicago, diffusé le 13 mars 19862L’entretien de 53 minutes est disponible en ligne : https://studsterkel.wfmt.com/programs/margaret-atwood-discussing-handmaids-tale. . C’est dans cet entretien qu’Atwood formule pour la première fois publiquement son principe d’écriture selon lequel il n’y a rien dans son livre qui n’ait déjà eu lieu, que tout provient de l’histoire ou d’autres pays dans le monde. Après la sortie de la série et la publication de Testaments (2019), l’univers de The Handmaid’s Tale vit une nouvelle popularité auprès du public et Atwood est invitée dans plusieurs événements littéraires à prendre la parole sur les thèmes de la littérature dystopique, des libertés et des écueils politiques.
