The Bell Jar

Éditions, traductions, adaptations : Comme l’œuvre est inspirée en grande partie de ses expériences personnelles, l’autrice a choisi de le publier en Angleterre sous le pseudonyme Victoria Lucas. Trois ans après la publication et son décès, The Bell Jar a été publié à nouveau, cette fois sous son vrai nom. Le roman a finalement été publié aux États-Unis, pays d’origine de Plath, en 1971. Nous l’avons tout de même placé dans la décennie 1960-1969. The Bell Jar a été publié pour la première fois aux États-Unis par Harper & Row (New York) en 1971. Quant à la première traduction en français, celle-ci a été publiée par Denoël (Paris, France) en 1972. On compte aujourd’hui plus d’une centaine de rééditions et de traductions de l’œuvre. Cette dernière a également été adaptée au cinéma en 1979 sous la direction de Lary Peerce (New York, AVCO Embassy Pictures).

Résumé : Dans , The Bell Jar, Sylvia Plath fait le récit d’Esther Greenwood, une étudiante de Boston qui se voit offrir un stage dans un magazine féminin new-yorkais à l’été 1953. Au cours de celui-ci, elle ressent de l’inconfort à plusieurs reprises, se lie d’amitié avec Doreen et fait la rencontre de Marco, qui un soir tente de l’agresser. Entre la narration des événements, la protagoniste revient sur certains souvenirs, dont des moments passés avec Bobby, son copain. Une fois le stage terminé, elle retourne chez elle dans l’espoir de pouvoir prendre part à un cours d’écriture à l’université, mais sa demande est refusée. Elle entreprend alors l’écriture d’un roman, mais la dépression et l’insomnie dont elle souffre l’accablent. De plus, plusieurs pensées l’habitent ; elle croit manquer d’expériences pour écrire, ne sait pas ce qu’elle veut faire de sa vie et ne se reconnaît pas dans les rôles féminins. Esther est traitée par un psychiatre, qui malheureusement ne l’écoute pas et lui fait subir une thérapie électroconvulsive traumatisante. Son état se détériore à la suite de cet événement, elle tente de mettre fin à ses jours et de disparaître. Après plusieurs séjours en cliniques psychiatriques, elle est finalement traitée par Dr. Nolan, une femme psychiatre, et reçoit à nouveau une thérapie électroconvulsive. Tranquillement, son état s’améliore.

Au fil du roman, Plath fait se croiser sexualité et violence : la tentative de viol par Marco, riche « haïsseur de femmes » qui humilie Esther avant qu’elle ne parvienne à se défendre, son expérience sexuelle avec Irwin qu’elle avait imaginée comme un geste d’émancipation mais qui se transforme en scène de douleur, de saignements abondants et d’humiliation, ainsi que la scène d’accouchement hospitalier, décrite comme une forme de violence obstétricale banalisée, composent une vision où le sexe est associé à la souffrance, au danger et à la perte de contrôle du corps féminin. Ces violences individuelles prennent place dans un cadre patriarcal plus vaste, marqué par le double standard incarné par Buddy, par la domination masculine dans la médecine et la psychiatrie, et par les injonctions au mariage et à la maternité qui fonctionnent comme des instruments de discipline. Les chocs électriques mal encadrés, les agressions et la pression à être une femme « normale » apparaissent alors comme autant de moyens de punir l’autonomie intellectuelle et le refus des normes d’Esther. La métaphore de la cloche de verre renvoie à la fois à l’enfermement psychiatrique et à la cage des normes de genre, et Plath en fait ainsi une critique lucide d’une culture du viol où les violences sexuelles ne sont pas des accidents, mais un élément central du contrôle exercé sur les femmes.

Médiation de l’œuvre : Comme l’autrice est décédé le mois suivant la publication de The Bell Jar, aucune activité de médiation culturelle l’incluant n’a pu voir le jour. Cependant, l’œuvre a rapidement gagné en popularité et est aujourd’hui reconnue comme un classique de la littérature écrite par des femmes. En ce sens, le roman a été largement étudié dans les cursus académiques et a fait l’objet de nombreux essais1Tels que le collectif Critical Insights, The Bell Jar (Salem Press, 2012) et l’ouvrage The Bell Jar : A Novel of the Fifties (Twayne Publisher, 1992). et activités en études littéraires et féministes. Il a également été source d’inspiration pour plusieurs créations artistiques, dont le roman Qui de nous trois s’égare d’Alizée Goulet publié chez Triptyque en 2025.