post-espoir

Éditions, traductions, adaptations : CARBALLO, Lula. post-espoir. Montréal (Canada) : Noroît, 2024, 72 p.

Résumé : Dans ce recueil, Lula Carballo pose sur papier des fragments de la « vie après » une relation intime marquée par les violences psychologiques, physiques et sexuelles : les souvenirs qui s’insurgent dans le quotidien, les douleurs physiques qui persistent, la solitude face au silence collectif, les services médicaux et d’interventions psychologiques inadéquats… La poète se demande comment se reconstruire et vivre après avoir été victime d’une telle violence. La survie est la seule vengeance qu’elle arrive à identifier. Les représentations des VACS dans l’œuvre montrent les conséquences physiques et psychologiques qui accablent la victime ; l’autrice offre un aperçu de ses rendez-vous médicaux, séjours à l’hôpital, appels et rencontres dans des centres de crise, des médicaments qu’elle doit ingérer, de ses saignements, de sa peur, de sa solitude. Les passages concernant les actes violents de l’agresseur mettent en scène la fétichisation, l’abus de pouvoir et le détournement cognitif. De plus, l’œuvre illustre la violence supplémentaire qui pèse sur les victimes lorsqu’elles sont mises face au déni de leur expérience.

Le recueil comprend plusieurs photographies prises par l’auteur·rice, dont des rues en construction et un gros plan sur l’œuvre textile produite en parallèle du livre. L’œuvre en question a été créée à partir du drap sur lequel ont eu lieu les agressions sexuelles et la violence conjugale. Carballo y a brodé des vers et des mots et y a ajouté des photographies par transfert à chaud.

Médiation de l’œuvre : Dans le cadre de l’édition 2025 du Festival Frye, Lula Carballo a abordé son œuvre lors de l’événement « Après-coup(s) », une discussion incluant l’autrice Emmanuelle Pierrot (La version qui n’intéresse personne) et Madeline Lamboley (Les Raisonnantes).

De plus, l’exposition collective « Epistola », inspirée de post-espoir, a été tenue pendant l’ensemble du festival. Celle-ci était composée, entre autres, d’une œuvre textile de la poète, fabriquée à partir d’un drap sur lequel des VACS sont survenues et de reproduction de photographies comprises dans le recueil. Les artistes Émilie Turmel et Andrea deBruijn ont également présenté deux œuvres inspirées de leur lecture du texte. L’exposition avait lieu à l’atelier d’estampes Image (Moncton, Nouveau-Brunswick).