Édition : Petite carcasse. Chroniques d’une érosion est paru aux Éditions du remue-ménage en 2026.
Résumé et représentations de la VACS : Petite carcasse. Chroniques d’une érosion de Catherine Beau-Ferron raconte l’après d’une relation conjugale sous le signe de la violence entre partenaires intimes (violence psychologique, contrôle coercitif, détournement cognitif). Construit autour des métaphores spatiales, physiques, géologiques et minérales, le récit s’ouvre sur une première métaphore, celle qui traverse la parole de la survivante : l’ex-partenaire comme trou noir.
« patiente recueillie au centre sur une base volontaire – prétend avoir survécu onze années près d’un trou noir […] » (p.13)
« Les trous noirs déforment l’espace et le temps. Chaque minute passée à leur horizon peut coûter plusieurs années terrestres. » (p.21)
« Les trous noirs tissent des dédales entre les étoiles dont ils modifient sans cesse le parcours. » (p. 31)
« Graviter trop longtemps près d’un trou noir nous expose au phénomène de la spaghettification, dont les effets à long terme sont encore méconnus. Le corps s’étirer à l’infini, sans jamais disparaître. Ce phénomène peut – évidemment – endommager les organes vitaux. » (p.41)
Hospitalisée pour des problèmes de santé chronique, la narratrice apprend la présence d’une tumeur dans son rein qu’elle nomme alors sa « carte-mémoire », celle qui a enregistré tous les épisodes de violence qui ont fini par éroder le corps, la mémoire, les émotions de la narratrice.
« Disons simplement que la carte-mémoire a été extraite avec succès. Cependant, son contenu est très amoché et peu concluant. Quelques données éparses sont encore lisibles. » (p.14)
Le récit propose un mélange entre ces données éparses de souvenirs de moments de violence et les entrées d’un journal que la narratrice commence au lendemain de sa séparation du trou noir. C’est un récit de survivance, un parcours de reconstruction, de reconnexion avec son corps, ses émotions, sa colère, ses amies, de nouvelles amours.
Le récit est accompagné de dessins à l’encre, de fines lignes serrées, ondulées, qui au fil du récit évoluent dans ce qu’elles représentent, amplifiant toujours l’émotion portée par le texte : du trou noir à la fumée, du récif d’algues et de coquillages à la roche et au cristal.
Médiation de l’œuvre : S/O.
