Mon secret

Éditions, traductions, adaptations : Mon secret a été publié pour la première fois en 1994 (La différence, Paris) et réédité en 2023 (des femmes Antoinette Fouque et Le rayon blanc, Paris).

Résumé : Cette œuvre est une lettre écrite en 1992 par l’artiste Niki de Saint Phalle, adressée à sa fille Laura. Dans cette lettre, l’artiste témoigne des attouchements et du viol commis par son père, dont elle a été victime l’été de ses 11 ans. Elle raconte comment elle a tenté de se défendre, d’abord en se débattant pour échapper à ses étreintes, puis plus tard, de manière inconsciente, en refoulant les événements. À l’âge adulte, alors qu’elle est internée dans un hôpital psychiatrique, son père lui envoie une lettre dans laquelle il confesse l’inceste et les souvenirs lui reviennent. Elle déplore le désir de certains hommes et l’aveuglement volontaire des autres qui prévaut sur la sécurité des jeunes filles. Elle tisse également un lien entre son renfermement sur soi et sa pratique artistique.

Médiation de l’œuvre : Lors de l’exposition Niki de Saint Phalle au Musée national des beaux-arts du Québec en octobre 2025, une petite section en retrait était dédiée à l’écriture de soi. Le texte de présentation de la section se lit ainsi : « Depuis ses poèmes d’enfance jusqu’au Journal californien des années 1990, Niki de Saint Phalle pratique l’écriture de soi. Elle réécrit constamment sa vient et tient un véritable journal dessiné et calligraphié sur la surface de ses œuvres. Si le début de sa carrière est habité de colère et d’indignation – pensons à ses Tirs, au film Daddy (1973) ou encore au Mur de la rage -, on comprend que l’expression de cette violence est libératrice, s’inscrivant dans un processus de guérison et de reconstruction qui mènera l’artiste vers un art de la joie. Au cours des années 1990, elle rédige plusieurs livres d’artistes autobiographiques. Dans Mon secret (1994), écrit comme une lettre à sa fille Laura, elle révèle avoir été victime d’inceste de la part de son père à l’âge de 11 ans. À 64 ans, elle brise le silence des victimes, après avoir rompu au cours de sa carrière avec les les attentes à l’égard de l’art et des femmes. En 1999, elle publie Traces : une autobiographie. Remembering 1930-1949, suivi en 2006 de Harry et moi : 1950-1960, les années en famille, dans un désir de réconciliation avec son histoire familiale.1Information recueillie lors d’une visite de l’exposition au MNBAQ le 23 octobre 2025. » C’est uniquement dans cette section qu’était abordée la question de l’inceste vécu par l’artiste et ses formes d’expression.

Une cloison séparait un pan de mur du reste d’une des salles de l’exposition : dans cet espace, un écran avec casque audio montrait un extrait du film Daddy (1973) coréalisé par Niki de Saint Phalle avec Peter Whitehead2Sur le cartel, on pouvait lire ceci : « Cet extrait du film Daddy permet de constater la colère exprimée lors des séances de Tirs de Niki de Saint Phalle. Cette colère, dirigée contre la société, la religion et le patriarcat, reflète une époque marquée par d’importants bouleversements sociaux, mais témoigne également, selon l’artiste, d’une douleur intérieure profonde. Dans le livre Traces : une autobiographie. Remembering 1930-1949, elle confie ceci : “J’ai essayé toutes sortes de psychothérapies. J’aspirais à une unité intérieure que j’ai trouvée en travaillant. Je voulais pardonner à mon père d’avoir essayé de faire de moi sa maîtresse quand j’avais 11 ans. Je n’ai trouvé que de la rage et de la haine passionnée dans mon cœur. » (Information recueillie lors d’une visite de l’exposition au MNBAQ le 23 octobre 2025).. Dans cette section, on retrouvait aussi dans un présentoir vitré des exemplaires des livres d’artiste de Niki de Saint Phalle : Mon secret (2023, première édition [1994]) et Traces: une autobiographie. Remembering 1930-19493Le cartel associé à Traces se lisait comme suit : « Dans cet ouvrage, Niki de Saint Phalle confronte ses souvenirs à ceux de ses frères et de son cousin, dans un processus de pardon et de guérison lié aux traumatismes de son enfance. Sa démarche lui permet de constater qu’il n’y a pas qu’une vérité, mais plutôt différentes perceptions de l’enfance vécue chez les Saint-Phalle. C’est la rencontre de celles-ci qui permet d’atteindre un récit plus proche de la vérité pour les enfants de cette famille. » (Information recueillie lors d’une visite de l’exposition au MNBAQ le 23 octobre 2025). (2000, première édition [1999]).