I Know Why the Caged Bird Sings

Éditions, traductions, adaptations : I Know Why the Caged Bird Sings a été publié pour la première fois en 1969 aux États-Unis. Il a par la suite été traduit en plusieurs langues. Notons au passage le changement du titre (Je reprendrais bien un peu de rêve) de la traduction de Dominique Lémann pour l’édition française de 1980 chez Hachette. Le roman a été adapté à la télévision pour CBS en 1979, réalisé par Fielder Cook avec Maya Angelou à la scénarisation.

Résumé : I Know Why the Caged Bird Sings est un roman autobiographique qui raconte l’enfance de Marguerite et de son frère Bailey aux États-Unis dans les années 1920-1940. Laissé·es aux soins de leur grand-mère par leurs parents, Marguerite et Bailey grandissent dans une petite ville rurale d’Arkansas (Stamps) où la ségrégation est très forte. Lorsque Marguerite a huit ans, elle et son frère vont rejoindre leur mère à St. Louis. Ils vivent alors le contraste de la grande ville des années de la prohibition. Leur mère vit avec un amant. Celui-ci agressera sexuellement Marguerite à plusieurs reprises. Le récit rapporte de manière directe les attouchements et les agressions sexuelles subies par la narratrice alors qu’elle était âgée de huit ans, agressions commises par le conjoint de sa mère. Puisque le récit est chronologique, ces agressions arrivent assez tôt dans l’histoire. Les abus se trouvent décrits aux chapitre 12 et 13. Marguerite tombe malade à la suite des abus physiques et les agressions sont découvertes par la mère qui fait immédiatement arrêter son conjoint. Un procès a lieu au chapitre 14. L’homme accusé est jugé coupable et condamné à la prison, mais il réussit à éviter son incarcération. Il est retrouvé mort peu de temps après. On suppose que c’est la mère de Marguerite ou sa grand-mère qui l’a fait tuer. Comme le récit est à la première personne, on se trouve dans la tête de Marguerite qui vit avec énormément de honte et de culpabilité. Enfant en manque de tendresse parentale, elle se dit que c’est parce qu’elle a voulu un rapprochement d’une figure parentale qu’elle s’est trouvée dans cette situation. Elle affirme aussi que c’est de sa faute si l’homme est accusé, puis probablement tué. Très souvent souvent au fil du récit, elle en parle comme du « pauvre M. Freeman ». Après cet épisode, Marguerite sombrera dans un mutisme profond. Quittant la ville et retournant avec son frère à Stamps, c’est la rencontre avec une autre figure tutélaire, maternelle celle-là, qui lui demandera de lui lire des livres à voix haute qui lui permettra de lentement reprendre contrôle de sa voix et de son expression.

Mis à part cet épisode d’agressions sexuelles, les formes de violence à caractère sexuel sont présentes dans le roman comme symptômes des violences racistes : utilisées comme excuses pour perpétrer la violence, ou comme outils de domination et d’humiliation. Il n’y a pas de scènes explicites de VACS autre que celles vécues par Marguerite, mais la peur du viol ou des violences et représailles associées au viol sont présentes à travers le roman. C’est d’ailleurs parce que la tension des violences racistes devient trop grande que la grand-mère de Marguerite et Bailey, âgé·es alors de 14-16 ans, les fait rejoindre leur mère à San Francisco dans le dernier tiers du récit. Il y a aussi à ce moment un épisode où Marguerite habite avec son père et se rend au Mexique avec lui. C’est une période où Marguerite est désillusionnée de la fausse maturité des adultes qui l’entourent et décide de fuir la maison. Elle se retrouve dans une petite communauté d’enfants de la rue, puis retrouve sa mère à San Francisco. Elle tombe ensuite enceinte après sa première expérience sexuelle consentante. Le roman se clôt sur Marguerite, 16 ans, qui accouche de son enfant.

Médiation de l’œuvre : Ce roman autobiographique constitue l’un des premiers récits largement diffusés où la parole d’une survivante s’impose comme autorité narrative. L’œuvre est souvent enseignée en classe et il existe plusieurs guides d’enseignement, dont un guide fourni par Penguin Random House Books1Penguin Random House. I Know Why the Caged Bird Sings Teacher’s Guide. https://www.penguinrandomhouse.com/books/3924/i-know-why-the-caged-bird-sings-by-maya-angelou/9780812980028/teachers-guide/. Dès les années 1980, on compte d’ailleurs plusieurs appels à la censure du roman dans les écoles, les scènes explicites d’abus sexuel étant un des facteurs d’appel à la censure. On trouve aussi quelques exemples d’événements littéraires de style causerie qui incluent le roman autobiographique de Maya Angelou dans leur corpus. Un de ces récents événements est un midi-causerie du HEC Montréal mettant en vedette des livres d’auteur·rices afrodescendant·es lors du Mois de l’Histoire des Noirs 20252HEC Montréal. Midi-causerie : Livres en vedette – Mois de l’Histoire des Noirs. https://www.hec.ca/evenements/mois-histoire-noirs-2025/midi-causerie-livres-en-vedette-mois-de-histoire-des-noirs .